La dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA) entraîne une perte rapide ou progressive de la vision centrale. Selon l’Assurance Maladie, environ 15 % de la population de plus de 80 ans présentent une DMLA grave. La DMLA peut-elle être soignée ? Peut-elle rendre aveugle ? Découvrez toutes les informations nécessaires à compréhension de la DMLA.

Qu’est-ce que la dégénérescence maculaire liée à l’âge ?

La dégénérescence maculaire liée à l’âge est comme son nom l’indique, une pathologie en lien avec la macula. La DMLA correspond à une dégradation d’une partie de la rétine, la macula, qui se traduit par une perte progressive de la vision centrale.

Cette maladie chronique de la zone centrale de la rétine peut apparaître après 50 ans et évoluer progressivement jusqu’à atteindre la cécité dite « limitée ». À un stade avancé, un individu atteint de DMLA ne voit plus au centre de son champ de vision. L’assurance Maladie précise que cette maladie très invalidante et chronique « est la principale cause de malvoyance chez l’adulte de plus de 50 ans dans les pays industrialisés ».

Qu’est-ce que la macula ?

La macula désigne la zone de couleur jaune située au centre de la rétine. Bien qu’elle occupe 2 à 3% de la surface de la rétine seulement, la macula joue un rôle essentiel. Composée de photorécepteurs visuels appelés « cônes », la macula permet la précision de vision, la vision des couleurs, la vision de jour, et contribue à la qualité de vision au centre du champ visuel. Lorsque la macula est endommagée, la vision centrale est floue et imprécise, mais la vision périphérique est conservée.

Quels sont les deux types de DMLA ?

Il existe deux types de DMLA :

  • La DMLA sèche, ou atrophique : elle se traduit par un amincissement anormal de la macula. Elle s’accompagne de l’accumulation de petits dépôts blanchâtres appelés « drusen » à l’intérieur et autour de la macula. La DMLA sèche provoque une altération lente et progressive de la vision centrale. Dans la majeure partie des cas, les premiers signes passent inaperçus.
  • La DMLA humide, ou exsudative : elle correspond à une forme où de nouveaux vaisseaux sanguins se développent autour et en arrière de la macula. Ces néo-vaisseaux laissent s’échapper des protéines qui s’accumulent sur la macula. La forme humide de la DMLA est deux fois plus fréquente que la forme sèche, notamment chez les personnes de 65 ans et plus. La perte de la vision centrale est beaucoup plus rapide dans cette forme de DMLA que dans sa forme atrophique.

La DMLA peut affecter un seul œil ou les deux. Des formes mixtes, avec un œil atteint de forme sèche et l’autre de forme humide, peuvent être observées.

Quel sont les facteurs de risque de la DMLA ?

Plusieurs facteurs peuvent augmenter le risque de développer une DMLA. Le principal facteur de risque est l’âge. Elle peut apparaître après 50 ans et sa fréquence augmente plus les années passent.

Toutefois, la dégénérescence maculaire liée à l’âge peut également résulter d’une prédisposition génétique. En effet, le risque de développer une DMLA augmente si un parent ou un membre de la fratrie en est atteint. Le tabagisme peut également accroitre le risque de développer cette pathologie. Selon l’Assurance Maladie, fumer multiplie par 4 à 6 le risque de développer la maladie. Enfin, les antécédents de maladies cardiovasculaires, la surcharge pondérale, une mauvaise alimentation et une exposition excessive à la lumière représentent aussi des facteurs de risque. C’est pourquoi, adopter une bonne hygiène de vie est conseillé pour prévenir la survenue et l’aggravation d’une DMLA. En prévision, il est recommandé de ne pas fumer, de miser sur une alimentation saine et équilibrée, de pratiquer une activité physique régulière et de surveiller son poids.

Quels sont les premiers symptômes de la DMLA ?

Les symptômes de la DMLA sont les suivants :

  • Une déformation des images et des lignes droites, qui paraissent ondulées ou courbées ;
  • Une perte progressive de l’acuité visuelle dans la partie centrale du champ de vision. Dans une forme humide, cette perte de la vision centrale est parfois brutale ;
  • Une gêne accrue en vision nocturne et une sensation d’éblouissement ;
  • Une modification de la perception des couleurs et une diminution de la sensibilité aux contrastes. Les images peuvent paraître ternes ou jaunies ;
  • L’apparition de scotomes, petites taches sombres ou noires, au centre du champ de vision.

Les premiers symptômes de la DMLA peuvent totalement passer inaperçus, notamment dans le cas d’une forme atrophique. Lorsqu’un seul œil est atteint, il est possible que les patients ne remarquent pas de modification de leur vision. Au moindre doute, il est fortement recommandé de prendre rendez-vous avec son ophtalmologue. À partir de 50 ans, il est indispensable de ne pas laisser passer 2 ans entre deux rendez-vous. À partir de 60 ans, il est nécessaire de prendre rendez-vous tous les ans.

Est-ce que la DMLA rend aveugle ?

La DMLA ne rend pas aveugle. Toutefois, cette pathologie diminue la vision centrale, de près comme de loin. Cette perte de la vision centrale rend plus difficile les activités nécessitant la précision telles que la couture, la lecture, l’écriture ou encore la conduite. La vision périphérique restant intacte, les personnes touchées par la dégénérescence maculaire liée à l’âge peuvent se déplacer seules.

Est-ce que la DMLA se soigne ?

À ce jour, il n’existe aucun traitement pour la DMLA atrophique. Cependant, il est possible d’intervenir sur sa forme exsudative. Des traitements dirigés contre les vaisseaux sanguins qui se développent au centre de la rétine peuvent être proposés par l’ophtalmologue à son patient. Ces traitements anti-angiogéniques, ou anti-VEGF, ont pour objectif de stabiliser la maladie en empêchant le développement de nouveaux vaisseaux sanguins. L’ophtalmologue pourra également proposer un traitement par photothérapie dynamique en cas de contre-indication ou d’intolérance aux médicaments anti-VEGF.