La rétine artificielle, ou prothèse rétinienne, est un dispositif permettant de retrouver partiellement la vue des suites d’une affection ayant touché la rétine. Il peut notamment s’agir d’une rétinopathie pigmentaire, ou d’une dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA). Indications, fonctionnement, limites… découvrez tout ce qu’il faut savoir sur la rétine artificielle.

 

Qu’est-ce que la rétine artificielle ?

 

La rétine artificielle est un dispositif ayant pour vocation de se substituer au rôle de la rétine lorsque celle-ci n’a plus la capacité de percevoir les signaux lumineux. La rétine est une membrane qui tapisse la surface interne du globe oculaire. Ce tissu neurosensoriel transforme les rayons lumineux en un signal nerveux et les transmet au système nerveux central. D’une épaisseur comprise entre 0,1 et 0,4 mm, la rétine est constituée de 10 couches (4 couches de cellules photoréceptrices à l’extérieur et 6 couches de cellules nerveuses à l’intérieur). La concentration et le type de cellules photosensibles varient d’une partie à une autre de la rétine :

 

  • La rétine centrale : la rétine centrale est composée de la macula et de la fovéa. La macula est composée de photorécepteurs appelés cônes qui sont directement exposés à la lumière. Les cônes permettent de distinguer les couleurs et de percevoir les détails fins d’un objet. La fovéa est la région centrale de la macula où se focalisent les cônes.
  • La rétine périphérique : la rétine périphérique est constituée de bâtonnets. Les bâtonnets sont les cellules chargées d’analyser la luminosité. Elles sont indispensables à la vision nocturne.

 

La rétine artificielle a pour rôle de se substituer aux photorécepteurs. Ces implants de 3 x 3 mm sont fixés sur ou sous la rétine. Ils sont composés d’électrodes qui stimulent électriquement les neurones rétiniens. Tandis que dans les années 1990, les implants incluaient 6 à 20 électrodes, ils en comportent actuellement jusqu’à 1 500.

 

Aujourd’hui, trois dispositifs ont obtenu le marquage des autorités européennes (marquage CE) :

 

  • L’Argus II (Second sight, Etats-Unis) ;
  • Le Retina Implant (AG, Allemagne) ;
  • L’IRIS II (Pixium Vision, France).

 

Les résultats obtenus par ces trois différents dispositifs sont grandement similaires. Actuellement, la recherche se poursuit afin d’améliorer leurs performances.

 

À qui s’adresse la greffe de rétine artificielle ?

Selon la Haute Autorité de Santé (HAS), la greffe de rétine artificielle est indiquée aux personnes de plus de 25 ans, souffrant de dégénérescence rétinienne externe sévère à profonde. Elle est destinée aux patients ayant une acuité visuelle limitée au décompte des doigts, et ayant déjà eu une vision des formes par le passé.

 

L’objectif de la greffe de la rétine artificielle est de restaurer une partie de l’acuité visuelle chez les patients touchés par une maladie dégénérative de la rétine. La rétine artificielle concerne essentiellement les sujets atteints de dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA). La DMLA est une maladie chronique de la zone centrale de la rétine, la macula. Elle apparaît après 50 ans et évolue progressivement. Les personnes atteintes de DMLA à un stade avancé ne voient plus au centre de son champ de vision.

 

Les sujets atteints de rétinopathie pigmentaire sont également concernés par la greffe de la rétine artificielle. La rétinopathie pigmentaire est une maladie génétique caractérisée par la perte progressive des photorécepteurs et par le dysfonctionnement de l’épithélium pigmentaire. Les rétinopathies pigmentaires aboutissent souvent à la cécité après 50 ans.

 

Comment fonctionne la rétine artificielle ?

 

Les dispositifs Argus II et IRIS II sont des dispositifs épirétiniens, c’est-à-dire qu’ils sont placés à la surface de la rétine, au contact des cellules ganglionnaires. Des caméras sont intégrées dans une paire de lunettes afin de transmettre les informations visuelles à un microordinateur. Le microordinateur permet de convertir les informations visuelles en codes de signaux électriques. Ces codes sont alors communiqués par ondes radio à un récepteur placé sur l’œil qui va les traduire en de véritables courants électriques. Les courants électriques progressent alors vers l’implant composé d’électrodes. Une intervention chirurgicale est nécessaire afin de mettre en place l’implant au contact de la rétine.

 

L’implant Retina est placé sous la rétine, à la place des cellules photoréceptrices. Sa mise en place nécessite également d’avoir recours à une chirurgie. Cet implant est composé d’électrodes et de diodes sensibles à la lumière. Les diodes permettent de transformer la lumière en courants électriques. Les courants électriques sont ensuite amplifiés par un circuit électronique avant d’être libérés au niveau des électrodes. Contrairement aux dispositifs Argus II et IRIS II, l’implant Retina ne requiert pas l’utilisation pas de lunettes. Cependant, il sera nécessaire d’alimenter le circuit électrique relié aux photodiodes par l’intermédiaire d’un câble qui part de la puce sous la rétine, vers l’extérieur de l’œil, jusque derrière l’oreille.

 

Quelles sont le limites de la rétine artificielle ?

 

À ce jour, la France compte une vingtaine de personnes atteintes de rétinite pigmentaire ayant déjà bénéficié de l’implantation du système Argus II. Les sujets ayant reçu le dispositif sont âgés de 29 à 73 ans. La majorité d’entre eux arrivent à percevoir des signaux lumineux, et certains d’entre eux peuvent se déplacer seuls et parviennent à lire. Toutefois, les patients ne retrouvent pas leur acuité visuelle d’antan. La recherche médicale se poursuit afin d’améliorer les dispositifs et de procurer des images plus nettes aux patients.