Qu’est-ce que la convergence oculaire ?

La convergence oculaire caractérise le mouvement des yeux vers le nez. La convergence est un réflexe associé au mécanisme d’accommodation. Autrement dit, la convergence oculaire est étroitement liée à la capacité de l’œil à effectuer son auto focus et de voir net en vision rapprochée. Lorsque la distance de l’objet à observer est proche du visage, les axes de regard sont orientés côté nasal. La convergence oculaire n’est pas identique dans toutes les positions du regard, elle est plus limitée dans le regard en haut, en raison de l’anatomie des orbites.

Qu’est ce qu’un trouble de la convergence oculaire ?

L’insuffisance de convergence oculaire traduit une difficulté à diriger les yeux vers l’intérieur lors d’une vision de près. Un défaut de convergence résulte d’un déséquilibre de la musculature extrinsèque de l’œil. Chaque œil est entouré de muscles qui assurent son bon fonctionnement. Ils sont au nombre de six et permettent aux yeux de regarder dans toutes les directions : sur les côtés, en haut, en bas, et aussi en convergence, vers l’intérieur.

Le trouble de la convergence oculaire est la forme la plus fréquente des troubles oculomoteurs regroupés sous le nom d’hétérophories.

Quels sont les symptômes du trouble de la convergence oculaire ?

Les symptômes de l’insuffisance de convergence apparaissent généralement de façon progressive. Ces étiologies sont diverses :

• un état de fatigue générale ;
• des céphalées souvent hémicrâniennes : elles peuvent être temporales, occipitales, frontales, orbitaires ou rétro-orbitaires ;
• des douleurs oculaires : il peut s’agir de picotements, brûlures ou encore de sécheresse oculaire ;
• d’asthénopie de fixation : cela fait référence à de la fatigue visuelle liée à la fatigue des muscles oculomoteurs et ciliaires ;
• de cervicalgies, de dorsalgies ou de douleur de la ceinture scapulaire ;
• de photophobie, de larmoiement, de prurit oculaire ou de diplopie ;
• une sensation de vertige ou d’instabilité ;
• un manque d’endurance oculaire, une lenteur visuelle et une lecture pénible.

Comment est dépisté le trouble de la convergence oculaire ?

Le test de convergence, simple d’exécution, permet de détecter les asymétries musculaires. La pointe d’un stylo est approchée lentement des yeux en direction de la racine du nez jusqu’à environ 5 centimètres. Chez une personne asymptomatique, la convergence oculaire se présentera de manière harmonieuse, symétrique et simultanée des deux yeux, et cela sur le trajet au complet. En revanche, si un des deux yeux ne suit pas ce schéma, il sera considéré comme pathologique.

Comment est traité le trouble de la convergence oculaire ?

Le réapprentissage visio-moteur constitue la prise en charge la plus efficace pour traiter l’insuffisance de convergence oculaire. Cette prise en charge est composée d’entraînements à faire à la maison et de séances de rééducation du ou des muscles oculaires défaillants chez un orthoptiste.

Un orthoptiste est le spécialiste paramédical de la rééducation, de la réadaptation et de l’exploration fonctionnelle de la vision. Ce spécialiste peut être consulté pour corriger les troubles de convergence oculaire, et ce, sans limite d’âge. La rééducation orthoptique vise essentiellement à augmenter l’amplitude de fusion, qui consiste à superposer les images de chaque œil et à développer la motricité conjuguée.

En général une dizaine de séances sont nécessaires. Une paire de lunettes est souvent requise en complément de la prise en charge.

Quel est le lien entre l’ostéopathie et le trouble de la convergence oculaire ?

L’ostéopathie peut être bénéfique dans le traitement du trouble de la convergence oculaire. En effet, les structures qui interviennent dans la convergence oculaire sont susceptibles d’être en dysfonction ostéopathique et ainsi d’entraîner une hypoconvergence.

Les facteurs pouvant être responsables d’une insuffisance de convergence oculaire sont notamment les suivants :

• des dysfonctions ostéopathiques crâniennes ou cervico-dorsales ;
• un déséquilibre postural.

Le rôle de l’ostéopathe va être de diminuer, voire de faire disparaître, les symptômes associés à l’insuffisance de convergence comme, la fatigue les céphalées ou encore les cervicalgies, mais aussi d’aider à la correction de l’hypoconvergence oculaire.

Un travail conjoint entre l’ostéopathe et l’orthoptiste est nécessaire pour avoir des résultats optimaux et durables. Dans certains cas, il peut être nécessaire d’avoir également recours à une prise en charge orthodontique et posturale pour traiter le trouble de la convergence oculaire.