Qu’est-ce que l’énucléation ?

L’énucléation consiste à retirer chirurgicalement l’œil d’un patient. Cette ablation chirurgicale du globe oculaire peut être nécessaire lorsque l’œil contient une lésion évolutive qui ne peut pas être traitée autrement. Elle peut également être indiquée dans le cas où l’œil non voyant serait en voie d’atrophie, ou lorsque la détérioration chronique de l’œil traumatisé est susceptible de mettre danger l’œil sain par transmission de l’inflammation.

 

Comment se passe une énucléation ?

 

L’intervention consiste à retirer le globe oculaire d’un patient. Le globe oculaire est constitué de différentes parties. On y retrouve la sclère, qui désigne l’enveloppe dure correspondant au blanc de l’œil, la cornée qui se situe à l’avant, le cristallin ainsi que l’iris (partie colorée de l’œil), et en son centre la pupille. Le nerf optique relie la partie postérieure du globe oculaire au cerveau. Il permet la transmission des images au cerveau. Fixé par de petits muscles au sein de l’orbite, partie creuse du squelette du visage, le globe oculaire est retiré sous anesthésie générale en bloc opératoire. Dans de rares cas, l’énucléation peut être réalisée sous anesthésie locale et sédation profonde.

 

L’énucléation est pratiquée par un ophtalmologue spécialisé en chirurgie plastique des yeux. Elle consiste donc à retirer complètement le globe oculaire, y compris la sclérotique et une partie du nerf optique. Une hospitalisation d’une nuit est nécessaire afin de garder le patient sous surveillance. Un bandage compressif est posé pour éviter les saignements post-opératoires. Un œdème et des douleurs durant 3 à 4 jours sont possibles. Pour les soulager, des antalgiques et des antibiotiques par voie orale peuvent être nécessaires. Des collyres antibiotiques et/ou anti-inflammatoires sont également prescrits pour limiter la douleur et éviter le développement d’une infection.

 

L’énucléation ne doit pas être confondue avec l’éviscération. En cas d’éviscération, le contenu ainsi que la cornée sont retirés. Il s’agit de vider uniquement le contenu intraoculaire en gardant les contours oculaires. Cette technique permet de ne pas modifier les insertions musculaires physiologiques. Dans le cas d’une énucléation la totalité de l’œil est enlevée.

 

Quelles sont les suites opératoires d’une énucléation ?

 

Immédiatement en post-opératoire, une lentille en plastique est placée sous les paupières. Cette lentille transparente a vocation d’être remplacée par une prothèse oculaire ayant l’aspect de l’œil sain. La prothèse est réalisée sur-mesure après un moulage par un oculariste. Elle est mise en place après cicatrisation, environ 2 à 4 semaines après l’intervention. Indolore, elle ne nécessite pas d’intervention chirurgicale, ni d’anesthésie.

 

La première prothèse mise en place est provisoire. La prothèse définitive est généralement installée quelques mois après l’intervention. Concernant son entretien, le nettoyage doit être effectué tous les jours et le polissage deux fois par an.

 

Les complications de l’énucléation sont rares. L’hémorragie, l’hématome, la désunion de la cicatrice, l’infection ainsi que l’expulsion de l’implant font notamment partie des complications possibles. Dans certains cas, une chute de la paupière supérieure ou inférieure peut conduire à une nouvelle intervention. Il pourra également être nécessaire de réaliser une greffe d’un tissu solide autour de l’implant. Cette greffe permettra d’assurer sa stabilité dans le temps.

 

Dans quels cas recourir à une énucléation ?

 

L’énucléation peut être nécessaire en cas de lésions évolutives de l’œil ne pouvant être résolues autrement. Dans certains cas, le globe oculaire de l’œil doit être retiré afin de ne pas mettre en danger l’œil sain.

 

La principale cause d’énucléation est la présence d’une tumeur intraoculaire maligne qui ne peut être traitée par d’autres traitements plus conservateurs. Le mélanome choroïdien, pour les patients adultes, et le rétinoblastome, pour patients enfants, sont deux tumeurs malignes qui nécessitent le plus souvent une énucléation. Dans le cas d’un traumatisme oculaire grave avec une déstructuration sévère des membranes et du contenu oculaire, une éviscération pourra être envisagée.

 

Pour les personnes non-voyantes, l’énucléation peut être proposée lorsque l’œil est en voie d’atrophie et que le patient éprouve de la douleur.