Qu’est-ce que la pachymétrie ?

La pachymétrie est un examen permettant de mesurer l’épaisseur de la cornée. L’évaluation de l’épaisseur de la cornée est notée en microns, sachant qu’un micron équivaut à un millième de millimètre.

La cornée est une lentille naturellement transparente de l’œil, qui est au contact de l’air et qui possède une épaisseur variable selon les individus. La cornée dispose d’une épaisseur différente à tous ses points : elle est plus épaisse en périphérie et plus fine au centre. En effet, une cornée normale mesure environ 12 mm de diamètre et sa pachymétrie est de 520 microns au centre et d’environ 700 microns en périphérie.

Pachymétrie : comment se déroule l’examen ?

La pachymétrie cornéenne peut s’effectuer avec plusieurs types d’appareils :

• Le topographe cornéen qui détermine la mesure sans contact ;
• L’OCT spectral qui consiste en une prise de mesure sans contact ;
• Le pachymètre à ultra son.

Le pachymètre à ultra-son nécessite un contact avec l’œil. Au cours de la pachymétrie, le pachymètre est placé délicatement sur la cornée pour mesurer son épaisseur, en émettant des impulsions acoustiques courtes.

La tomographie par cohérence optique est une autre technique utilisant les propriétés de la lumière pour mesurer avec précision et sans contact l’épaisseur du mur cornéen. En revanche, cette technique ne permet pas de réaliser une concordance parfaite entre les cartes topographiques antérieures et postérieures. C’est pourquoi, la mesure pachymétrique ultrasonore est aujourd’hui considérée comme la technique de référence pour l’appréciation de l’épaisseur cornéenne centrale.

Malgré ses qualités, la pachymétrie ultrasonore ne suffit pas à établir le bilan pré-opératoire pour une intervention de chirurgie réfractive. En effet, la pachymétrie ne fournit qu’un relevé de quelques points, alors qu’il est nécessaire d’étudier les variations fines de l’épaisseur du mur cornéen des bords vers le centre.

Comment sont collectées les mesures de la pachymétrie ?

Le pachymètre détecte les réflexions des impulsions des surfaces antérieures et postérieures de la cornée. L’épaisseur de la cornée est calculée en fonction du temps de vol mesuré entre ces réflexions et la vitesse du son acceptée dans la cornée. Une goutte de collyre anesthésique est instillée quelques secondes avant la mesure. L’examen est totalement indolore et ne dure que quelques secondes. La pachymétrie n’est pas dangereuse et ne comporte aucun effet secondaire.

Les mesures fournies par la pachymétrie ultrasonore sont effectuées de manière relativement aléatoire à la surface de la cornée après contact. Il est toutefois possible de définir grossièrement des points (centre, périphérie, quadrants cornéens, etc…).

Quel est l’intérêt de la pachymétrie ?

L’intérêt de la pachymétrie est multiple :

• Le dépistage de certaines pathologies : le recueil de données pachymétriques et topographiques sont notamment utiles dans le dépistage de pathologies comme le kératocône ou la dégénérescence pellucide marginale. La progression de l’amincissement de la cornée de la périphérie vers le centre est un élément important pour le diagnostic de kératocône débutant.

• La réalisation d’un LASIK : l’épaisseur de la cornée est un facteur important en chirurgie LASIK, en particulier pour les myopes. Le LASIK nécessite une cornée d’épaisseur suffisante pour pouvoir effectuer la découpe du capot et la photoablation au laser excimer. La technique PKR est alors proposée au patient non éligible au LASIK. La mesure de l’épaisseur de la cornée avant une chirurgie réfractive s’effectue avec l’examen de la pachymétrie cornéenne ainsi que la réalisation de cartes topographiques d’épaisseur et de cartes OCT.

• Diagnostiquer un glaucome : la pachymétrie est l’un des tests utilisés dans le diagnostic et le traitement du glaucome.

Quel est le rôle de la pachymétrie dans le dépistage d’un glaucome ?

Le glaucome est une maladie de l’œil responsable d’une destruction progressive et irréversible du nerf optique, le plus souvent causée par une pression trop importante à l’intérieur de l’œil. Il existe deux types de glaucomes. La différence entre les deux types de glaucomes dépend de l’origine de l’augmentation de la pression intraoculaire.

• Le glaucome chronique à angle ouvert (GAO) : sur une période allant de 10 ans à 20 ans, ce type de glaucome se forme lentement sans causer de symptômes. Il est provoqué par une altération progressive du filtre d’évacuation de l’humeur aqueuse entrainant à son tour une augmentation progressive de la pression oculaire.

• Le glaucome par fermeture de l’angle irido-cornéen : le glaucome à angle fermé correspond à la fermeture de l’angle irido-cornéen qui entraîne un blocage brutal dans l’écoulement de l’humeur aqueuse et l’augmentation brutal de la pression intraoculaire.

L’épaisseur de la cornée au centre est d’environ 550 microns. Si la valeur s’avère être plus élevé, (600 microns), le chiffre de pression intraoculaire mesurée est artificiellement augmenté. À contrario, lorsque la valeur est plus faible, le chiffre de pression intraoculaire est diminué. À noter qu’il n’existe aucune formule permettant une réévaluation précise de la pression intraoculaire sur la base de l’épaisseur de la cornée et du chiffre de pression mesurée.

La pachymétrie permet d’apporter un facteur de correction au chiffre de la tension oculaire en fonction de l’épaisseur cornéenne. La pachymétrie est un paramètre essentiel à prendre en compte quelque soit la technique de recueil de la pression intraoculaire.