Le fond de l’œil est un examen ophtalmologique indispensable dans bien des cas. Il permet d’observer les structures profondes de l’œil dans le but de diagnostiquer des maladies ophtalmologiques ainsi que des atteintes de la rétine causées par diverses maladies comme le diabète. Découvrez comment se passe l’examen du fond de l’œil et dans quel cas y avoir recours.

 

Qu’est-ce qu’un fond de l’œil ?

 

L’examen du fond de l’œil est un examen ophtalmologie effectué afin d’examiner les structures de l’œil à l’arrière du cristallin. Il permet notamment d’observer le corps vitré, la rétine, les vaisseaux de la rétine, la macula ainsi que la tête du nerf optique.

 

Indolore, cet examen vise à dépister ou à suivre la progression de certaines pathologies oculaires. Il est nécessaire dans le but de vérifier l’absence de pathologie sur le nerf optique et sur la macula. Le fond de l’œil peut être prescrit pour détecter une éventuelle atteinte de la rétine pouvant être liée à la myopie, au diabète, à l’hypertension artérielle ou à la dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA).

 

La DMLA est une maladie qui atteint la zone centrale de la rétine. Elle se manifeste par plusieurs symptômes allant de la déformation des images et des lignes droites, à la diminution de l’acuité visuelle dans la partie centrale du champ de vision en passant par une diminution de la sensibilité aux contrastes. Le diagnostic de DMLA est posé par un ophtalmologiste après avoir réalisé plusieurs examens. L’examen du fond de l’œil permettra d’observer la rétine et de rechercher des anomalies caractéristiques de la DMLA. Il est complété par une angiographie, examen qui consiste à photographier les vaisseaux de la rétine après une injection intraveineuse d’un colorant fluorescent, et d’une tomographie par cohérence optique, qui permet d’observer de manière plus précise les différentes couches de la rétine.

 

Quand faire un fond de l’œil ?

 

L’examen du fond de l’œil peut être réalisé à tout âge, aussi bien à l’enfance qu’à l’âge adulte. Il s’agit d’un examen de référence dans le cas où des anomalies seraient retrouvées lors de la consultation ophtalmologique. En cas de troubles réfractifs (myopie et hypermétropie), le fond de l’œil est effectué tous les deux ans. Si le patient fait état de problèmes rétiniens connus, l’examen doit être réalisé tous les ans.

 

Pour dépister d’éventuelles pathologies, il est fortement recommandé de consulter régulièrement un ophtalmologiste : tous les 5 ans entre 15 ans et 40 ans, tous les 2 ans entre 45 ans et 65 ans, et tous les ans après 65 ans.

 

Chez les personnes diabétiques, le fond de l’œil est réalisé une fois par an, quel que soit l’âge du patient. L’examen peut également être nécessaire plus régulièrement en cas de rétinopathie diabétique.

 

Si vous souffrez d’une baisse brutale de l’acuité visuelle, d’une douleur aux yeux inexpliquée, d’une perception de mouches volantes, d’un flou visuel ou d’une impression de voile noir sur l’œil, l’examen du fond de l’œil peut être réalisé en urgence afin de détecter la présence d’un décollement de la rétine ou d’un glaucome aigu par fermeture de l’œil.

 

Comment se passe un fond de l’œil ?

 

Le fond d’œil n’est pas douloureux. Cependant, il peut être légèrement désagréable. L’examen nécessite de prévoir une plage horaire assez large. Le patient est invité à se présenter sans lentille de contact et sans maquillage. Un bref interrogatoire médical est réalisé afin de mentionner à l’ophtalmologiste l’existence d’éventuelles allergies, de problèmes oculaires, de maladies et de potentiels traitements en cours.

 

L’examen du fond de l’œil peut être réalisé sans dilater la pupille. On parle alors de rétinographie non mydriatique. Le spécialiste peut également choisir d’instiller quelques minutes avant l’examen un collyre mydriatique de façon à dilater la pupille afin de visualiser la totalité du fond d’œil, et notamment la périphérie rétinienne. L’instillation du collyre mydriatique peut provoquer une sensation passagère de brûlure. Les pupilles se dilatent 20 à 45 minutes après l’instillation du produit.

 

Il existe deux types de fond de l’œil : le fond de l’œil par ophtalmoscopie indirecte et le fond de l’œil par lampe à fente (biomicroscope).

 

Le fond de l’œil par ophtalmoscopie indirecte

 

Aussi appelée « fond de l’œil à image inversée », cette méthode permet, comme son nom l’indique, d’obtenir une image inversée de tout le fond de l’œil. Cette technique permet d’observer le relief de la rétine en projetant une petite lumière à travers votre pupille à l’aide d’un ophtalmoscope. Le patient est assis en face du médecin et il est invité à fixer un point dans la pièce de consultation. L’ophtalmologiste utilise une puissante lentille convergente qu’il place entre lui et l’œil du patient.

 

Le fond de l’œil par lampe à fente

 

L’examen à la lampe à fente permet d’analyser dans les détails le fond de l’œil. Lampe à fente, ou biomicroscope est un instrument de consultation utilisé pour un examen complet de l’œil (cornée, iris, cristallin, rétine). L’ophtalmologiste dispose d’une lentille simple qu’il tient à la main entre le microscope et votre œil, et d’une lentille à miroir à apposer directement sur l’œil, par l’intermédiaire d’un produit de contact visqueux. Pour insensibiliser la cornée, il sera nécessaire d’instiller un collyre anesthésiant.

 

Fond de l’œil : existe-t-il des risques ou des contre-indications ?

 

L’examen du fond de l’œil est totalement indolore. Une sensation d’éblouissement peut être perçue, notamment dans le cas où la pupille serait dilatée. Cette gêne à la forte luminosité et à la lecture persiste généralement une à deux heures après l’examen. Il est recommandé de ne pas prendre le volant après un fond de l’œil avec dilatation pupillaire pendant les deux heures qui suivent l’examen. Prévoyez de prendre des lunettes de soleil pour ne pas être ébloui et d’être raccompagné afin d’éviter tout risque d’accident.

 

Le fond de l’œil est remboursé à hauteur de 70% dans le cas où le patient consulterait un ophtalmologiste dans le cadre de l’accès direct spécifique ou du parcours de soins coordonnés.