Et si la prise d’aspirine augmentait le risque de développer une dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA) ? Première cause de handicap visuel chez les personnes de plus de 50 ans dans les pays industrialisés, la DMLA pourrait être associée à une consommation quotidienne d’aspirine. Qu’en est-il exactement ?

 

Qu’est-ce que la DMLA ?

 

La DMLA est une maladie dégénérative de la rétine qui touche les personnes de plus de 50 ans. Plus précisément, elle correspond à une dégradation d’une partie de la rétine, la macula, pouvant mener à la perte de la vision centrale. La macula désigne la zone centrale de la rétine située à l’arrière de l’œil. Cette partie de l’œil est responsable de la vision centrale et de la vision fine. C’est pourquoi, les personnes touchées par la DMLA ne souffrent jamais de cécité complète puisqu’ils gardent leur vision périphérique même à un stade avancé.

 

Il existe deux formes de DMLA : DMLA atrophique, ou sèche, qui correspond à un amincissement anormal de la macula, et la DMLA exsudative, ou humide qui se caractérise par le développement de vaisseaux sanguins (appelés néo-vaisseaux) dans la macula.

 

Quel est le lien entre l’aspirine et la DMLA ?

 

L’aspirine figure parmi les médicaments les plus connus et les plus utilisés au monde. Ce médicament en vente libre possède de nombreuses propriétés antalgiques, pour lutter contre la douleur, antipyrétiques, pour lutter contre la fièvre, et anti-inflammatoire à forte dose. L’aspirine est aussi utilisée à faible dose pour son effet fluidifiant sanguin, notamment pour les personnes qui présentent un risque accru d’accidents cardiovasculaires.

 

Selon une étude australienne publiée dans le « JAMA Internal Medicine », il peut exister un lien entre une prise régulière d’aspirine et un risque accru DMLA. En effet, selon une équipe de chercheurs de l’Université de Sydney en Australie menée par le Docteur Gerald Liew, les personnes prenant de l’aspirine au moins une fois par semaine ont plus de risques de développer une DMLA dans sa forme exsudative.

 

Cette étude menée pendant 15 années concernait 2389 personnes dont 257 consommaient au moins une fois par semaine de l’aspirine. Un examen de la rétine a été pratiqué tous les 5 ans sur les participants à l’étude dans le but de documenter le potentiel lien entre l’aspirine et le risque de DMLA.

 

Le risque de développement de DMLA humide chez les sujets ne consommant pas d’aspirine était de :

 

  • 0,8 % à cinq ans ;
  • 1,6 % à dix ans ;
  • et 3,7 % à quinze ans.

 

Chez les personnes utilisant régulièrement de l’aspirine, les incidences cumulatives étaient de :

 

  • 1,9 % à cinq ans ;
  • 7 % à dix ans ;
  • et 9,3 % à quinze ans.

 

Les données de l’étude australienne confirment celle d’une étude européenne du Centre Médical Académique et de l’Institut de Neuroscience des Pays-Bas qui ont évalué l’association entre l’aspirine et le risque de DMLA. Cette étude associe également un risque accru de DMLA à une consommation fréquente d’aspirine. Selon les données de cette étude, le risque augmenterait avec la fréquence de la consommation.

 

Pour les professionnels de santé, toute décision d’interrompre un traitement par l’aspirine doit être réfléchie au cas par cas. Il est fortement déconseillé de modifier son traitement sans en avoir discuté avec son médecin.

 

Quels sont les autres facteurs de risque de la DMLA ?

 

L’origine précise de la DMLA est encore mal connue. Toutefois il existe certains facteurs de risque pouvant expliquer cette maladie dégénérative : l’âge, la consommation de tabac et les prédispositions génétiques notamment. La surcharge pondérale, l’alimentation, une exposition excessive à la lumière et des antécédents de maladie cardiovasculaire peuvent également augmenter le risque de développer une DMLA.