La mycose oculaire est une infection rare, qui peut affecter la cornée ou, plus rarement, atteindre l’œil dans son intégralité. Cette infection fongique peut avoir des effets importants sur la santé oculaire et mener à des complications plus ou moins graves. Quels sont les symptômes de la mycose oculaire ? Découvrez comment traiter et prévenir cette infection.

 

Qu’est-ce que la mycose oculaire ?

La mycose oculaire est une infection fongique de l’œil. Bien qu’elles soient rares, les mycoses oculaires doivent bénéficier d’une attention particulière compte tenu de la difficulté de traitement. Lorsque l’on parle de mycose oculaire, on fait référence à une infection causée par un champignon. Dans la majeure partie des cas, la cornée est atteinte. On parle alors de kératite. Toutefois, l’inflammation causée par la mycose oculaire peut toucher l’œil entier. Dans ce cas, on parlera d’endophtalmie. Plus rare, cette seconde forme peut engendrer des complications plus graves.

On recense à ce jour deux types de champignons pouvant être incriminés dans le développement d’une mycose oculaire :

  • Les champignons filamenteux : il s’agit de champignons présents dans la terre et dans les végétaux.
  • Les levures : on parle ici des levures saprophytes de la peau et des muqueuses, notamment celles de l’espèce Candida Albicans.

Selon plusieurs études statistiques, les mycoses oculaires sont moins fréquentes en Europe que dans d’autres zones du monde, comme notamment en Asie où le climat et la végétation constituent un environnement favorable à la prolifération des parasites fongiques.

 

Mycose oculaire : quels sont les symptômes ?

La mycose oculaire, qu’elle se présente sous la forme d’une kératite ou d’endophtalmie, présente généralement les mêmes symptômes :

  • Œil rouge ;
  • Œil douloureux ;
  • Baisse de la vision de l’œil affecté.

 

Mycose oculaire : quelles sont les évolutions possibles ?

La mycose oculaire peut évoluer en kératite fongique ou en endophtalmie. Les kératites fongiques sont rares et concernent la plupart du temps les porteurs de lentilles en cas de non-respect d’une hygiène rigoureuse. Il peut s’agir du port de lentille anormalement prolongé, d’une utilisation des lentilles de contact après le délai préconisé ou encore du port de lentilles malgré la présence de symptômes. Les kératomycoses peuvent envahir les cornées pathologiques mais également les cornées normales après traumatisme, le plus souvent causé par un végétal. La mycose oculaire peut également survenir après un geste chirurgical (chirurgie réfractive, greffe de la cornée, cataracte, etc.). Son développement peut être favorisé par l’utilisation de corticoïdes en postopératoire.

La mycose oculaire peut également être la source d’une inflammation de l’œil nommée endophtalmie. Cette infection peut être provoquée par des champignons. Elle se manifeste la plupart du temps par une douleur intense dans l’œil, une baisse visuelle et/ou une sensibilité extrême à la lumière. Rares, les endophtalmies fongiques surviennent principalement sur des terrains à risque (immunodépression, diabète, antibiothérapie, etc.) et chez les toxicomanes par voie intraveineuse. L’endophtalmie fongique peut survenir par inoculation de l’œil après un traumatisme, une chirurgie intraoculaire, ou une kératite fongique.

 

Comment traiter la mycose oculaire ?

Avant d’envisager tout traitement, une consultation avec un ophtalmologue devra être planifiée. Seul l’ophtalmologue sera en mesure d’évaluer la santé de vos yeux après avoir effectué un examen complet. Après avoir identifié la mycose oculaire, du tissu de la cornée sera prélevé et analysé en laboratoire afin d’identifier le type d’infection fongique et l’agent infectieux mis en cause.

  • En cas de kératite : dans un premier temps, des collyres antifongiques à utiliser toutes les heures durant 2 jours pourront être prescrits par l’ophtalmologue. La posologie peut varier si le professionnel de la santé le juge nécessaire, en fonction de l’évolution de l’infection fongique. Dans le cas où ce premier traitement ne serait pas suffisant, d’autres traitements pourront être envisagés. Il peut notamment s’agir d’injections dans la cornée ou d’une intervention chirurgicale dans le but d’augmenter la concentration d’antifongiques dans la cornée. Une greffe de la cornée peut être réalisée, si besoin.
  • En cas d’endophtalmie : pour éviter les complications, l’endophtalmie doit être traitée rapidement. Le recours aux antifongiques est l’unique traitement envisageable pour venir à bout de l’endophtalmie. Le traitement initial comprend généralement des antifongiques sous la forme d’injection à l’intérieur de l’œil, par la voie orale ou par intraveineuse pendant plusieurs semaines. Le traitement peut durer plusieurs mois, si nécessaire.

 

Comment éviter la mycose oculaire ?

Plusieurs facteurs peuvent favoriser une atteinte par mycose oculaire :

  • Être porteur de lentilles de contact : porter des lentilles de contact augmente le risque d’infection fongique de la cornée. Pour éviter les infections, veillez à respecter les règles d’hygiène des mains et du boitier des lentilles de contact. Aussi, portez une attention particulière sur le temps d’utilisation quotidien des lentilles et sur leur durée de vie globale.
  • Prendre des traitements à base de corticoïdes : les traitements à base de corticoïdes peuvent favoriser l’immunodépression locale. Les personnes sous traitement par collyres peuvent être plus vulnérables, du fait des conservateurs contenus dans les collyres, fragilisant la surface oculaire.
  • Avoir une cornée pathologique : les sujets ayant déjà eu une infection préalable de la surface oculaire et de la cornée sont plus susceptibles de développer une mycose oculaire.

Parce qu’elle fait état d’une évolution lente et insidieuse, la mycose oculaire est souvent diagnostiquée en retard. C’est pourquoi il est vivement conseillé de prendre rendez-vous régulièrement avec son ophtalmologue afin de réaliser des bilans complets.