L’AVC de l’œil, ou accident vasculaire cérébral de l’œil, est une pathologie rare et peu connue. Elle peut survenir à tout âge, avec une prévalence entre 55 et 65 ans, et être liée à une occlusion veineuse rétinienne ou à une occlusion d’une artère rétinienne. Symptômes, causes, traitements… découvrez tout ce qu’il faut savoir sur l’AVC de l’œil.

 

Quelles sont les causes de l’AVC de l’œil ?

 

L’AVC de l’œil est une conséquence des blocages pouvant se produire dans les vaisseaux sanguins de la rétine. Lorsque la circulation sanguine est obstruée, l’œil subit des dommages en raison de la privation en nutriments et en oxygène des structures vitales telles que la rétine et le nerf optique.

 

La rétine est une structure située au fond de l’œil. Elle en tapisse une grande partie de sa paroi interne. Composée de cellules sensorielles, la rétine a pour mission de traiter la lumière et transmettre le signal visuel au cerveau. Tout comme les autres cellules de l’organisme, les cellules de la rétine requièrent un système de vascularisation efficace afin de bénéficier de tous les nutriments et de toute l’oxygène nécessaire à leur fonctionnement.

 

Pour nourrir et oxygéner les cellules rétiniennes, le sang est transporté par deux systèmes : l’artère centrale et le système choroïdien. L’artère centrale de la rétine qui permet de vasculariser les couches les plus profondes de la rétine. Pour assurer la vascularisation de tous les secteurs rétiniens, l’artère centrale se divise en plusieurs branches supérieures et inférieures. De son côté, le système choroïdien permet de vasculariser les couches les plus externes de la rétine.

 

On distingue deux types d’occlusion pouvant conduire à un AVC de l’œil : l’occlusion de l’artère centrale de la rétine (OACR) et l’occlusion de la veine centrale de la rétine (OVCR).

 

L’occlusion de l’artère centrale de la rétine (OACR)

 

L’occlusion de l’artère centrale de la rétine se manifeste dans un premier temps par perte de vision sévère et brutale. Indolore et unilatérale, cette perte de la vision est suivie par une augmentation de la taille de la pupille (mydriase), et par une faible réaction de la pupille face à l’exposition à la lumière directe. L’OACR peut être causée par des anomalies de la coagulation sanguine, un trouble du rythme cardiaque, la présence de plaques d’athérome dans les artères carotides, ou encore par la maladie de Horton.

 

Un examen du fond de l’œil est nécessaire pour diagnostiquer un AVC de l’œil causé par une occlusion de l’artère centrale de la rétine. Des examens complémentaires, comme une angiographie fluorescéinique rétinienne peuvent être nécessaires.

 

L’occlusion de la veine centrale de la rétine (OVCR)

 

L’occlusion de la veine centrale de la rétine est une pathologie fréquente chez les personnes âgées présentant des facteurs de risques vasculaires. Chez les personnes atteintes d’OVCR, on constate une interruption du retour veineux par occlusion du tronc de la veine centrale de la rétine ou de l’une de ses branches.

 

Indolore, elle se caractérise par une baisse d’acuité visuelle rapide et plus ou moins importante. La baisse de l’acuité visuelle peut être précédée par une sensation de brouillard. Généralement les réflexes photomoteurs persistent. Dans de nombreux cas, les symptômes peuvent être ressentis uniquement dans une partie du champ visuel sans engendrer de gêne majeure. C’est pourquoi, le diagnostic peut intervenir de manière tardive.

 

Comment reconnaître un AVC de l’œil ?

 

L’AVC de l’œil peut se manifester par l’apparition de plusieurs symptômes. S’il est causé par une OACR, l’AVC de l’œil se déclare par une baisse brutale et sévère de l’acuité visuelle, une mydriase avec abolition du réflexe photomoteur direct et une absence de douleur.

 

Dans le cas d’une occlusion de la veine centrale de la rétine, l’AVC de l’œil se caractérise par une baisse de l’acuité visuelle rapide, un œil calme et non douloureux, et une sensation de brouillard. Contrairement à l’AVC de l’œil causé par une OACR, l’AVC de l’œil dû à une OVCR n’engendre pas de perte du réflexe photomoteur.

 

Comment soigner un AVC de l’œil ?

 

Le diagnostic de l’AVC de l’œil est posé par un ophtalmologue après un examen du fond de l’œil. Dans certains cas, une angiographie peut être nécessaire. L’angiographie est une technique d’imagerie médicale qui consiste à injecter du produit fluorescent dans les veines du bras pour mieux voir les vaisseaux de la rétine.

 

Une fois l’AVC de l’œil déclaré, son évolution peut être difficile à prévoir. L’occlusion veineuse peut durer plusieurs mois et devenir chronique dans certains cas. Elle peut se déboucher spontanément ou être soulagée par des vaisseaux appelés « vaisseaux collatéraux » qui vont se développer pour contourner l’occlusion. La gravité de la perte visuelle est variable d’un patient à l’autre. Certains patients guérissent spontanément sans séquelle tandis que d’autres peuvent avoir la vision altérée.

 

Si vous constatez une baisse brutale de l’acuité visuelle, il est indispensable de consulter un ophtalmologue en urgence.