L’occlusion de la veine centrale de la rétine (OVCR) est une pathologie très fréquente. Elle correspond à un ralentissement au niveau de la circulation veineuse de la rétine. Causes, symptômes, diagnostic, traitements… Découvrez tout ce qu’il faut savoir sur cette affection et ses traitements.

 

Qu’est-ce que l’OVCR ?

 

Une occlusion veineuse rétinienne survient lorsque la circulation veineuse de la rétine est brutalement ralentie ou bloquée. Le sang ne s’évacuant plus normalement par les veines, la pression augmente et peut causer des hémorragies et des œdèmes. On parle d’occlusion de la veine centrale rétinienne, OVCR, lorsque le blocage est localisé dans la veine centrale de la rétine, proche du nerf optique. Dans ce cas l’ensemble du circuit veineux rétinien est touché.

 

L’OVCR se distingue de l’occlusion d’une branche veineuse rétinienne (OBVR) qui se caractérise par l’obstruction est située dans une veine issue de la veine centrale, n’affectant qu’une partie de la rétine. L’OBVR est cinq fois plus fréquente que l’OVCR. Souvent asymptomatique, l’OBVR est généralement diagnostiquée au cours d’un examen de routine.

 

Dans sa forme ischémique, l’OVR affecte aussi la circulation artérielle. La rétine ne recevant plus suffisamment d’oxygène, elle est dans l’incapacité de fonctionner normalement. De nouveaux vaisseaux sanguins fragiles se forment alors à la surface de la rétine ou sur l’iris. L’OVR de forme ischémique peut se manifester dans le cas d’une OBVR et d’une OVCR.

 

Quels sont les facteurs de risque l’OVCR ?

 

Bien que les causes exactes de l’OVCR soient encore méconnues, certains facteurs de risques ont pu être identifiés. Cette affection oculaire survient plus fréquemment chez les personnes de plus de 55 ans atteintes d’hypertension, d’excès de cholestérol, d’obésité et de diabète. Le tabagisme, le glaucome chronique, les antécédents de traumatisme oculaire et d’accident vasculaire cérébral, et une tension élevée dans l’œil représentent également des facteurs de risque de l’OVCR. Enfin, cette affection de l’œil peut être liée à certaines maladies provoquant une augmentation de la coagulation du sang. Il peut s’agir d’un lupus érythémateux, de la sarcoïdose, de la tuberculose, de la syphilis, d’un myélome.

 

Quels sont les symptômes de l’OVCR ?

 

L’OVCR se caractérise principalement par une baisse de la vue. Le plus souvent, la baisse de la vision apparaît brutalement, sans signe avant-coureur. Cette affection de la vue peut également apparaître de manière progressive en quelques jours à quelques semaines. L’OVCR se manifeste également par l’apparition de tâches noires aveugles appelées « scotome ». Indolores, les symptômes varient d’intensité selon la sévérité de l’OVCR.

 

Si un ou plusieurs symptômes apparaissent, il est fortement recommandé de prendre rendez-vous rapidement avec votre ophtalmologue, ou de vous rendre dans un centre d’urgence ophtalmologique.

 

Pour prévenir l’OVCR, il est fortement recommandé de consulter régulièrement un ophtalmologue. Il est également conseillé de maintenir une glycémie normale, une tension artérielle optimale et de faire contrôler sa pression intraoculaire.

 

Comment diagnostiquer l’OVCR ?

 

Pour établir un diagnostic de l’OVCR, l’ophtalmologue procède à plusieurs tests de routine. Ces tests permettent d’examiner l’acuité visuelle et le champ visuel. Ces tests permettent également de mesurer la pression oculaire.

 

Un examen à la lampe à fente est également effectué afin de mieux observer la rétine. L’examen biomicroscopique à la lampe à fente est utilisé par le médecin ophtalmologiste pour examiner finement les différentes structures oculaires et périoculaires. Un collyre pour dilater la pupille est instillé dans le but de mieux inspecter les structures internes de l’œil (cristallin, rétine au fond d’œil). Cette dilation de la pupille dure en moyenne une demi-journée.

 

En cas de suspicion d’OVCR, une angiographie à la fluorescéine est également pratiquée afin de préciser la forme et la sévérité de l’OVR, en particulier le degré d’ischémie. Indolore, cet examen permet de connaître avec précision l’état et le fonctionnement des vaisseaux sanguins rétiniens (artères, veines, capillaires) et de la choroïde (couche vasculaire située entre la rétine et la sclère). L’angiographie rétinienne se déroule en cabinet d’ophtalmologie ou au service d’urgence ophtalmologique. Une perfusion intra-veineuse est posée afin d’injecter des produits fluorescents dans les vaisseaux sanguins. Une fois l’injection réalisée, l’ophtalmologue réalise plusieurs clichés de la rétine.

 

Pour compléter diagnostic, l’ophtalmologue réalise un OCT (Tomographie en Cohérence Optique). Cette technique d’imagerie non invasive et sans contact, utilise la réfraction de rayons lasers pour visualiser des structures anatomiques en coupe. Une fois l’appareil ajusté à la hauteur du patient, le patient est invité à appuyer son menton et son front sur une mentonnière et un bandeau, et à fixer un repère lumineux pendant l’acquisition des images. Les deux yeux sont successivement examinés.

 

L’OCT permet la réalisation de coupes sur la rétine et notamment la macula. La macula est une zone de la rétine responsable de l’acuité visuelle, de la vision des couleurs, des détails et des reliefs. Cette technique d’imagerie permet de visualiser de l’avant vers l’arrière les dix couches constitutionnelles de la rétine. En plus de permettre de diagnostiquer l’OVCR, l’OCT est indispensable dans le diagnostic de nombreuses maladies rétiniennes telles que la DMLA et les rétinites pigmentaires.

 

Comment traiter l’OVCR ?

 

Le traitement de l’OVCR a pour but préserver l’acuité visuelle et de traiter les éventuelles complications. Des injections intra-vitréennes d’anti-VEGF peuvent être prescrites afin de bloquer la croissance des néovaisseaux et d’empêcher la formation d’un œdème maculaire. Ces injections permettent également de stabiliser la vision, et dans certains cas, de regagner une certaine acuité visuelle, voire même de rétablir complètement la vision. La fréquence et la durée des injections varient d’un patient à l’autre en fonction de l’évolution de l’affection. Pour éviter la prolifération de néovaisseaux, un traitement laser de la rétine peut également être indiqué.

 

Parce qu’elle dépend de plusieurs facteurs, l’évolution de l’OVCR est difficile à prévoir. Dans les cas les plus graves, cette affection peut entraîner la cécité. La durée de la baisse d’acuité visuelle et le temps de récupération restent imprévisibles. Au moindre doute, il est recommandé de consulter dans les meilleurs délais.